Le tarawih est-il une sunna ?

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Le tarawih est-il une sunna ?

Plongez au cœur d'une quête intellectuelle débutée en 2005, lorsque Maâmar Metmati découvre un hadith énigmatique :

« Dorénavant, ô fidèles, priez dans vos demeures, car la meilleure prière pour un homme est celle qu’il fait chez lui, à moins qu’il ne s’agisse de la prière canonique. » >1

Les origines de Tarawih

Remontez dans le temps pour explorer l'émergence du mot "Tarawih" et son introduction dans la sunna. Maâmar Metmati soulève des questions cruciales sur la légitimité d'une pratique postérieure au Prophète et absente du Coran et de la Sunna.

On apprend que :

« Le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم se ménagea un petit coin (de la mosquée) avec une natte en cuir ou en fibres de palmier. Il s’y rendit pour faire la prière. Des hommes l’observèrent et vinrent prier derrière lui. Une nuit, ils vinrent et se mirent à l’attendre, mais le Messager d’Allah tarda. Comme il ne sortait pas les trouver, ils haussèrent la voix et lancèrent de petits cailloux sur sa porte. Le Messager d‘Allah sortit en colère et leur dit : Vous n’avez cessé votre pratique, si bien que j’ai pensé qu’elle vous serait imposée ! Faites donc la prière dans vos demeures ! Car la meilleure prière d’une personne est celle accomplie chez elle, sauf la prière prescrite ».
Il serait quand même intéressant de savoir ce que les savants ont fait du reste du propos ?
Visiblement, la phrase: « Priez dans vos maisons ! Car la meilleure des prières est celle qu'on fait chez soi, sauf pour ce qui est des prières obligatoires » dérange grandement des « savants ». Et nous pouvons, aisément le comprendre lorsque l’on connait l’ultra sectarisme de ces gens.
Affirmer que les Tarawih sont une innovation et de surcroît, une innovation blâmable , impliquerait d’incriminer Omar Ibn Khattab et là… ça grince des dents. Bien que l’on nous dise, je cite : « Celui qui rejette le hadith du Prophète est au bord de la perdition ». C’est pourtant exactement ce qu’ils font lorsqu’ils rejettent le hadith Sahih au profit d’un hadith, certes Sahih mais incomplet, et donc altéré, et donc invalide.
Le prophète a dit : « Priez chez vous ». Omar a dit : « Priez à la mosquée ». Et… Ils ont prié à la mosquée ! 2

La Sunna controversée de Tarawih

Analysez les fondements de la controverse autour de la classification des Tarawih en tant que Sunna. L'auteur examine les critères traditionnels, tels que l'action du Prophète lui-même, pour argumenter contre la légitimité de cette prière.

Force est de constater, que non seulement, on a préféré accomplir une prière inférieurement méritoire, en allant prier à la mosquée. Mais surtout, on a désobéi ouvertement au prophète par le refus de se soumettre à cette injonction PRIEZ CHEZ VOUS ! Injonction, je le rappelle une fois encore, que tous les compagnons, je dis bien, tous les compagnons, avaient comprise et respectée et ce jusqu’au Califat d’Omar. Ou celui-ci a décidé qu’il en sera autrement. Il est fort regrettable de constater qu’au nom du culte de la personnalité d’Omar, ils ont entraîné des centaines de millions de personnes à désobéir au prophète et à pratiquer cette innovation blâmable. 3

Le Prophète et la prière nocturne

Explorez les actions du Prophète lui-même concernant la prière nocturne, démystifiant les notions préconçues sur la pratique de Tarawih. Maâmar Metmati souligne l'absence de cette prière dans la vie du Prophète, remettant en question sa légitimité.

Sauf que, comme nous l’avons très clairement vu, le prophète n’a jamais prié avec ses compagnons. Par conséquent, on ne peut – en aucun cas – parler de Sunna, moins encore, de Sunna Mouwakadat. La seule Sunna que l’on pourrait et que l’on doit valider, est celle de la prière individuelle, exactement comme l’a fait le prophète et ce, durant les nuits et en dehors des nuits du Ramadan. Cette prière, contrairement au Tarawih, a un nom inscrit dans le Coran et la Sunna, Qiyam lil, قيام الليل veillée nocturne.
Il appartient ensuite à chacun, de gérer comme il l’entend cette veillée nocturne, que ce soit par la prière, la lecture ou autre.4

Une Sunna modifiable ?

Plongez dans une analyse théologique approfondie sur la nature des pratiques sunnites. Maâmar Metmati argumente que la modification des pratiques établies va à l'encontre des principes de la Sunna, soulignant ainsi l'incohérence de considérer les Tarawih comme une Sunna.

De plus, selon ce que rapporte Boukhari et Mouslim, on apprend de la bouche de notre mère Aicha, je cite : « Jamais le prophète ne dépassait plus de 11 rakaats, et ceci pendant et en dehors du mois de Ramadan ». Ce qui là encore, nourrit le caractère innové de cette prière. Puisque ce chiffre 11 a, non seulement, nettement été dépassé afin de permettre aux prieurs de faire des pauses plus fréquemment durant l’accomplissement des Tarawih. Mais aussi, qu’il n’a cessé d’être modifier en raison de la difficulté d’adaptation en rapport avec la pénibilité de cette prière. 5

L’interdiction de la Prière en groupe

À travers des hadiths et des enseignements du prophète, l'auteur souligne l'interdiction explicite de se rendre à la mosquée pour prier en groupe en dehors des prières obligatoires. Cette interdiction remet en question la validité de la Prière de Tarawih en tant que Sunna.

D'après Abou Houreira, le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Celui qui prie la nuit durant le Ramadan avec foi et en espérant la récompense, ses péchés précédents pardonnés ».
من قام رمضان إيماناً واحتسابا غفر له ما تقدم من ذنبه
Il faut savoir que ce hadith est souvent utilisé afin de mettre en valeur les Tarawih. Mais peut-on nous dire où est le rapport entre ce hadith et les Tarawih ?
Il me semble important de dire, que si le prophète avait recommandé aux compagnons de veillé derrière un imam durant le mois du Ramadan, comment se fait-il alors, que jamais personne n’a veillé avec un imam dans la mosquée depuis ce fameux jour où le prophète a ordonné de prier chez soi ? Doit-on penser que personne parmi les compagnons du prophète ne désiraient obtenir de significative récompense en termes de hassanate ou doit-on plutôt penser, que jamais le prophète n’a demandé à ce que l’on veille derrière un imam durant le mois du Ramadan à la mosquée ? Donc si j’ai bien compris, tantôt le prophète ordonne aux musulmans de prier chez eux, tantôt, il leur demande de prier avec l’Imam à la mosquée ! En fait, le prophète dirait tout et son contraire ! 6

Les compagnons et la Prière du Prophète

Maâmar Metmati explore les événements historiques entourant les tentatives des compagnons de prier avec le prophète et la réaction de ce dernier. Il met en lumière la divergence entre la pratique émergente des Tarawih et la Sunna du prophète.

La Dissimulation de la Vérité

L'auteur aborde les enjeux actuels liés à la critique de la Prière de Tarawih et à la dissimulation de la vérité. Il analyse les motivations potentielles derrière la propagation d'idées erronées et la réticence à remettre en question certaines pratiques.

Les risques de la critique

Dans ce chapitre, Metmati expose les risques encourus par ceux qui osent critiquer des figures historiques telles qu'Omar Ibn Khattab. Il examine la réaction sectaire face à la remise en question des actions de certains compagnons du prophète.

D’autres encore l’ont dite de manière détournée, comme Chafirie, Malik ou Hassan el-Basri. Quant à ceux qui l’ont très clairement dite, voir par exemple, le livre de fiqh de Chafirie, Al-Aziz ainsi, que le livre d’Abou Douhya, La science populaire, ou encore le texte figurant a la page 63 volume 3&4 مختصر اتاف السادة المهرة. Malheureusement, leur nombre reste a ma conaissance, insignifiant.
Il faut savoir que le simple fait de critiquer Omar, et cela même de manière tout à fait constructive, fera de vous aux yeux de la majorité des musulmans « sunnites » un frère suspect. Il vous sera alors, absolument impossible d’échapper à l’accusation de Chiisme sinon d’en avoir des similitudes, ou encore, de faire de la Takya (Dissimulation). […] Le but non avoué est, on l’a bien compris, de faire taire toute critique, qu’elle soit fondée ou pas. Et ça marche plutôt bien…
Un Cheikh, un savant, qui viendrait à dire ce que je dis, perdra immédiatement son statut de Cheikh ou de savant. Il passera alors du titre de grand et respectable Cheikh ou savant, à celui d’ignorant et d’hérétique et peut être même de… mécréant ! 7

Les compagnons et l’Histoire

Maâmar Metmati revisite des textes historiques et des récits de compagnons du prophète pour éclairer les aspects parfois omis ou minimisés. Il souligne la nécessité d'une approche critique et objective de l'histoire islamique.

Revivifier une Sunna délaissée ?

La notion de revivification d'une Sunna délaissée par le prophète soulève des questions cruciales. Si le prophète a choisi de délaisser certaines pratiques, est-il légitime pour ses successeurs de les réintroduire sans preuves claires dans les enseignements du prophète et du Coran ? Ce chapitre explore la tension entre le respect de la Sunna et la possibilité de réinventer des pratiques religieuses.

En dehors des Tarawih, existe-t-il d’autres Sunna délaissées par le prophète, cependant revivifiées par tel ou tel compagnon ? A ma connaissance il n’en existe absolument aucune. La raison en est ma foi toute simple, si une Sunna est délaissée, alors, elle ne peut plus être considéré comme une Sunna. Par conséquent, il est strictement illicite de la…revivifié de surcroit, pour l’imposer et cela de quelque manière que ce soit aux musulmans.
« La réalisation de l’observance de la Sunna est donc de délaisser ce dont le délaissement a été rapporté et d’accomplir ce dont l’action a été rapportée, sinon la porte de l’innovation ne se fermera pas ».
En effet, les savants nous apprennent que le délaissement par le prophète d’une pratique, est en soi une Sunna, qu’il faut donc respecter cette Sunna tout comme on respecterait une Sunna non délaissée. Comment peuvent-ils nous dire ensuite que Omar n’a fait que de revivifier une Sunna délaissée par le prophète ! N’y a-t-il pas là une contradiction évidente ? 8

Innovation Linguistique vs. Théologique

La distinction entre innovation linguistique et théologique émerge au cœur du débat. Les partisans du Tarawih arguent que les termes tels que "innovation" peuvent avoir des connotations positives dans certains contextes, notamment lorsque Omar aurait déclaré : "Quelle bonne innovation !" Une analyse plus approfondie remet en question cette interprétation et souligne la nécessité de distinguer les innovations théologiques de celles qui sont purement linguistiques.

Les « savants » nous expliquent que, lorsque ‘Omar parle d’innovation, il s’agit d’innovation au sens linguistique mais en aucun cas d’innovation au sens théologique. Vous savez, celle que le prophète a fortement condamnée. […]
Il faut tout d’abord se poser la question suivante : Comment fait-on la distinction entre une innovation linguistique et une innovation théologique ? Il suffit pour le savoir, de se demander de quoi parle-t-on. Si la chose évoquée est du domaine du profane, alors nous parlerons éventuellement d’une innovation au sens linguistique. A contrario, si nous parlons d’une innovation qui touche le domaine du sacré, alors nous parlerons éventuellement d’une innovation au sens théologique du terme.
Lorsque l’on parle des Tarawih, parle-t-on bien de prières ? Évidemment, puisque Omar s’exclama ainsi, lorsqu’il contempla son œuvre c'est-à-dire, la mosquée du prophète bondé de prieurs durant une des nuits du mois du Ramadan. Nous parlons donc bien d’une chose sacrée et non profane. 9

Les paroles de Omar ibn al-Khattab

Des déclarations attribuées à Omar, en particulier son commentaire "Quelle bonne innovation !" sont souvent citées pour étayer la légitimité du Tarawih. Cependant, des recherches approfondies révèlent que ces paroles pourraient avoir été manipulées pour renforcer une certaine interprétation. Ce chapitre éclaire les circonstances entourant cette déclaration et son impact sur le débat.

Il faut savoir que ces paroles attribuées à Omar :
نعم البدعة هذه: قال عمر
Omar a dit : « Quelle bonne innovation ! »
Là encore, on a été manipulé. En effet, si rien ne permet de douter que ce sont bien les paroles de Omar, on apprend néanmoins, à la lecture du livre Sahih Muslim avec l’explication (شرح) de Moussa Chahine Lachine ce qui suit : « Omar a demandé aux musulmans d’accomplir durant le mois du Ramadan, la prière nocturne en groupe a la mosquée, suite à quoi, Obay ibn Kaa’b s’exclama comment tu ordonnes l’accomplissement d’une innovation ! Omar lui répondit « Quelle bonne innovation »
Nous constatons que contrairement à ce que l’on nous a dit, ce n’est non pas Omar qui, spontanément s’exclame quelle bonne innovation, ce qui aurait pu nous conduire a penser qu’il n’avait rien à cacher et que finalement, le mot innovation peut avoir un côté positif. Il n’en est absolument rien, puisqu’il s’agit d’une réponse suite à une réflexion en l’occurrence, celle de Obay ibn Kaa’b, lequel reproche à Omar d’innover. 10

Pour conclure :

En 2005, Maâmar Metmati entreprend une quête intellectuelle qui donnera naissance à "La Prière de Tarawih". Une exploration minutieuse débute avec la remise en question d'un hadith fondateur, amorçant douze années d'investigations approfondies. Le livre, initialement publié en français, a connu des éditions successives, témoignant de l'évolution constante de la réflexion de l'auteur.

L'histoire commence avec la confrontation d'un hadith qui pousse l'auteur à interroger les pratiques établies. "Dorénavant, ô fidèles, priez dans vos demeures, car la meilleure prière pour un homme est celle qu’il fait chez lui, à moins qu’il ne s’agisse de la prière canonique." Ce hadith péremptoire devient le point de départ d'une quête de vérité qui remonte aux sources de la foi islamique.

Maâmar Metmati remet en question la légitimité de considérer les Tarawih comme une Sunna, argumentant avec éloquence sur plusieurs points clés :

  1. Origines postérieures : Le terme "Tarawih" est postérieur au prophète, émergeant bien après sa mort, soulevant des doutes quant à son statut de Sunna.
  2. Absence de pratique par le Prophète : Le prophète lui-même n'a jamais accompli les Tarawih, même après les tentatives de ses compagnons de prier avec lui. Cette absence remet en question la légitimité de cette pratique.
  3. Immutabilité de la Sunna : Une Sunna ne peut être modifiée, ajoutée ou retranchée. Le changement dans la pratique des Tarawih éloigne cette prière de la véritable Sunna du prophète.
  4. Interdiction de la prière en groupe : Le prophète a explicitement interdit de se rendre à la mosquée pour prier en groupe en dehors des prières obligatoires, remettant en question la légitimité des Tarawih pratiquées en groupe.
  5. Incohérence avec la Sunna du Prophète : Si le prophète a veillé exclusivement chez lui pendant le Ramadan, les Tarawih pratiquées à la mosquée vont à l'encontre de la Sunna.

À travers des citations de Zaid ben Thabit et des événements historiques, Metmati dévoile les circonstances entourant la naissance des Tarawih. L'insistance des compagnons à suivre la prière du prophète, même à son insu, met en lumière la divergence entre la Sunna du prophète et les pratiques émergentes.

L'auteur souligne également les possibles motivations derrière la dissimulation de la vérité par certains savants, suggérant la protection d'idéologies, l'image de Omar dans le monde musulman sunnite, et la préservation de la stabilité théologique.

"La Prière de Tarawih" de Maâmar Metmati offre une perspective audacieuse, défiant les normes établies et invitant les lecteurs à questionner, réfléchir et approfondir leur compréhension de la pratique religieuse. C'est un appel à la recherche de la vérité et à la préservation de l'authenticité dans la spiritualité islamique.

Plongez dans ce voyage intellectuel captivant avec "La Prière de Tarawih" et explorez les fondements de la foi à travers les yeux perspicaces de Maâmar Metmati.

  1. La prière de Tarawih
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